L’essentiel
- Aucun prêteur ne peut accorder un crédit à la consommation sans avoir évalué votre solvabilité et consulté la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale (art. VII.77 du Code de droit économique).
- Réussir sa demande, ce n’est pas « convaincre » le prêteur : c’est lui fournir un dossier exact, complet et cohérent, pour un montant et une durée que votre budget supporte réellement.
- Un refus n’est pas une fatalité, mais il a une cause. Le prêteur doit vous communiquer sans délai et sans frais le résultat de la consultation des fichiers (art. VII.79).
- Aucune démarche ne garantit un accord. Méfiez-vous de quiconque le promet.
Vous avez un projet (voiture, travaux, équipement) et vous voulez éviter un refus ? Le plus utile est de comprendre comment le prêteur décide, puis de préparer votre demande en conséquence. Cette page se concentre sur la décision du prêteur et sur l’après-refus. Pour le déroulé complet de la demande à la signature, voyez notre guide Comment contracter un prêt personnel : les 8 étapes.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Sommaire
Comment le prêteur décide
En Belgique, la décision d’octroi n’est pas libre : le Livre VII du Code de droit économique impose au prêteur plusieurs vérifications avant toute signature.
Le questionnaire : ce qu’on vous demande et pourquoi
Le prêteur (ou l’intermédiaire de crédit) doit vous soumettre un questionnaire écrit. Selon l’article VII.69, il porte au moins sur :
- le but du crédit ;
- vos revenus ;
- les personnes à votre charge ;
- vos engagements financiers en cours, dont le nombre et le montant restant dû de vos crédits.
La loi vous oblige à y répondre de manière exacte et complète. Le questionnaire ne peut pas porter sur votre santé, vos opinions, votre origine ou votre appartenance syndicale ou mutualiste. Depuis le 14 août 2026, la loi précise aussi qu’aucun crédit à la consommation ne peut être conclu avec un mineur, avec vérification de l’âge à l’appui d’une pièce d’identité.
La consultation obligatoire de la Centrale
Avant de conclure, le prêteur doit consulter la Centrale des crédits aux particuliers, gérée par la Banque nationale de Belgique (BNB). Elle enregistre les crédits à la consommation et hypothécaires en cours, ainsi que les éventuels retards de paiement.
Un point précis de la loi explique beaucoup de refus : si la Centrale mentionne à votre nom un ou plusieurs impayés non remboursés de plus de 1 000 euros au total sur un crédit à la consommation, le prêteur ne peut pas conclure un nouveau crédit (art. VII.77, § 2). Pour des impayés plus faibles, il ne peut accorder le crédit qu’avec une motivation complémentaire dans votre dossier. Si c’est votre situation, lisez Crédit quand on est fiché BNB : règles, risques et solutions.
L’évaluation de votre capacité de remboursement
Le prêteur doit évaluer « rigoureusement » votre solvabilité et ne peut conclure que s’il peut raisonnablement estimer que vous respecterez vos remboursements (art. VII.77). Il doit aussi rechercher le type et le montant de crédit les mieux adaptés à votre situation et au but du crédit (art. VII.75).
La loi ne fixe pas de pourcentage maximal d’endettement pour le crédit à la consommation : chaque prêteur applique ses propres critères. En pratique, il regarde notamment :
- le poids de vos charges fixes (loyer ou crédit logement, autres crédits, pensions alimentaires) par rapport à vos revenus nets ;
- ce qu’il vous reste pour vivre une fois ces charges et la nouvelle mensualité payées, compte tenu de la taille du ménage ;
- la stabilité de vos revenus : type de contrat, ancienneté, régularité des revenus d’indépendant ou des allocations ;
- la cohérence du projet : un montant et une durée en rapport avec ce que vous financez.
Pas de CDI ? Ce n’est pas un motif légal de refus. Nous détaillons ce qui compte dans ce cas dans Crédit à la consommation sans CDI.
Exemple : faire soi-même le calcul du prêteur
Hypothèses (exemple illustratif, pas une offre) : une personne seule touche 2 400 € nets par mois. Elle paie 800 € de loyer et 250 € pour un crédit auto. Elle envisage un prêt dont la mensualité, indiquée sur l’offre, serait de 160 €.
| Calcul | Avant | Après |
|---|---|---|
| Charges fixes | 1 050 € | 1 210 € |
| Part des revenus | 43,8 % | 50,4 % |
| Reste pour vivre | 1 350 € | 1 190 € |
Ces chiffres ne disent pas si le crédit sera accordé : chaque prêteur a sa grille. Ils vous montrent en revanche ce que le prêteur verra, et si la mensualité laisse assez de marge pour les dépenses courantes (alimentation, énergie, transport, imprévus). Si le reste pour vivre vous semble trop juste, réduire le montant ou revoir le projet est plus prudent qu’allonger la durée, qui augmente le coût total.
Pour voir comment montant, durée, TAEG et mensualité se répondent avant d’envoyer votre demande, vous pouvez parcourir les exemples chiffrés de prêt personnel publiés par Online Credit.
Préparer un dossier solide
Les documents à rassembler avant de faire la demande
- votre carte d’identité ou titre de séjour (vérification exigée par l’art. VII.76) ;
- vos dernières fiches de paie, ou pour un indépendant vos derniers avertissements-extraits de rôle ;
- les justificatifs d’autres revenus réguliers (allocations, pension, pension alimentaire reçue) ;
- la preuve de vos charges : bail ou tableau d’amortissement du crédit logement, contrats de crédit en cours ;
- pour un projet précis : devis, bon de commande ou facture pro forma.
La liste exacte varie selon le prêteur et le montant. Avoir ces pièces prêtes évite les allers-retours et les dossiers incomplets.
Trois vérifications avant d’envoyer
1. Vos données à la Centrale. Consultez gratuitement ce qui est enregistré à votre nom à la BNB (en ligne ou par écrit). Vous verrez ce que le prêteur verra et pourrez faire corriger une erreur : la rectification est gratuite (art. VII.152).
2. La cohérence montant / durée / projet. Demandez le montant nécessaire, pas davantage. Une durée très longue pour un bien qui se déprécie vite (un équipement, une voiture d’occasion) pose question.
3. Vos comptes des derniers mois. Des découverts répétés ou des retards sur d’autres factures fragilisent la demande. Si possible, régularisez-les avant.
Les causes fréquentes de refus
- Impayé enregistré à la Centrale : vérifiez vos données, régularisez, faites corriger une erreur.
- Charges trop lourdes : réduisez le montant demandé ou reportez le projet.
- Revenus jugés instables : documentez leur régularité sur plusieurs mois.
- Dossier incomplet ou incohérent : complétez les pièces et corrigez les écarts entre vos déclarations et les justificatifs.
- Trop de crédits en cours : soldez un petit crédit avant d’en demander un nouveau.
Que faire après un refus ?
Demandez le résultat de la consultation. En cas de refus, le prêteur doit vous communiquer sans délai et sans frais le résultat de la consultation des fichiers ainsi que l’identité et l’adresse du responsable de ces fichiers (art. VII.79). Il doit aussi indiquer, le cas échéant, que le refus repose sur un traitement automatisé des données. Il ne peut vous réclamer aucune indemnité pour ce refus, en dehors des frais de consultation de la Centrale qu’il a payés.
Vérifiez vos données. Si le refus vient d’une inscription à la Centrale, consultez votre relevé à la BNB. Une donnée erronée peut être rectifiée gratuitement ; la demande est transmise au prêteur qui l’a enregistrée.
Identifiez la cause avant de recommencer. Déposer la même demande ailleurs, dans les mêmes conditions, mène souvent au même résultat : chaque prêteur consulte la même Centrale et applique des règles comparables.
Si vos dettes vous dépassent, un nouveau crédit n’est pas la solution. Un service de médiation de dettes agréé, par exemple celui de votre CPAS, peut vous aider à y voir clair.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Multiplier les demandes en même temps. Cela ne raccourcit rien et donne une image de précipitation. Comparez plutôt les offres (fiche d’information européenne SECCI) avant de déposer une demande complète.
- Arrondir la vérité. Omettre un crédit ou gonfler un revenu est contraire à votre obligation de réponse exacte (art. VII.69) et se voit, de toute façon, à la Centrale ou sur les justificatifs.
- Répondre aux offres « sans vérification » ou « accord garanti ». Un prêteur agréé ne peut pas se passer de la consultation de la Centrale. Ces offres viennent souvent d’acteurs non autorisés ou d’escrocs qui réclament des frais à l’avance.
- Traiter avec un prêteur non agréé. Personne ne peut exercer l’activité de prêteur en Belgique sans agrément (art. VII.159). Vérifiez votre interlocuteur sur le site de la FSMA avant de transmettre le moindre document.
Faire une demande de prêt personnel
Si votre budget supporte la mensualité et que votre dossier est prêt, vous pouvez introduire une demande de prêt personnel en ligne. La demande est examinée comme décrit ci-dessus (questionnaire, Centrale, solvabilité) : elle ne garantit pas l’octroi. Après la signature, vous disposez encore d’un délai de rétractation de 14 jours.
Le lien ouvre le formulaire de demande de crédit personnel d’Express Finance (lien commercial). Comparez la fiche SECCI reçue avec d’autres offres avant de signer.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Sources
- Code de droit économique, Livre VII, art. VII.69, VII.75, VII.76, VII.77, VII.79, VII.152 et VII.159 (texte consolidé consulté le 24/09/2026) : Justel, Moniteur belge.
- Banque nationale de Belgique, Centrale des crédits aux particuliers – Informations pour les particuliers (consulté le 24/09/2026) : nbb.be.
- Wikifin (FSMA), Centrale des crédits aux particuliers (consulté le 24/09/2026) : wikifin.be.
- FSMA, Vérifiez votre fournisseur (consulté le 24/09/2026) : fsma.be.

