Simulation d’assurance solde restant dû : ce qui fait varier la prime

Une simulation d’assurance solde restant dû (ASRD) donne une prime indicative : le montant définitif n’est connu qu’après le questionnaire médical et l’acceptation de l’assureur. La prime dépend surtout du capital assuré, de la durée, de votre âge, de votre santé (et, chez beaucoup d’assureurs, du fait de fumer), de la quotité de couverture et du mode de paiement. Vous pouvez comparer librement : le prêteur ne peut pas vous imposer son assureur.

L’essentiel

  • L’ASRD rembourse tout ou partie du solde du crédit si l’assuré décède avant la fin du remboursement.
  • Elle n’est pas une obligation légale, mais la plupart des prêteurs l’exigent pour un crédit hypothécaire.
  • Vous choisissez votre assureur ; le prêteur peut toutefois supprimer la réduction de taux liée à son offre groupée.
  • Pour comparer, demandez toujours le coût total de l’assurance sur toute la durée, pas seulement la première prime.
  • Un cancer guéri peut, sous conditions, ne plus devoir être déclaré après 5 ans (règles en vigueur depuis le 1er juin 2026).

À quoi sert une simulation d’assurance solde restant dû ?

L’assurance solde restant dû est une assurance décès temporaire liée à un prêt : si l’assuré décède pendant la durée prévue, l’assureur verse le capital assuré au prêteur. Les proches ne doivent alors plus rembourser la part couverte de la dette.

La simulation sert à trois choses :

  • estimer le coût de la garantie avant de signer l’offre de crédit ;
  • comparer la proposition du prêteur avec celle d’un autre assureur ;
  • tester l’effet d’un choix (quotité, durée, mode de paiement) sur le prix.

Elle reste une estimation : l’assureur fixe le tarif définitif après examen de votre dossier médical, et peut appliquer une surprime ou refuser la couverture.

Ce qui fait varier la prime

Le capital assuré et son évolution

Plus le capital couvert est élevé, plus la prime l’est. Deux formules existent :

  • capital décroissant : le montant assuré diminue au fil du remboursement, en suivant plus ou moins le solde du crédit ;
  • capital constant : le montant assuré reste le même pendant toute la durée, utile notamment pour un crédit dont le capital est remboursé en une fois à l’échéance.

La durée

La couverture court en principe sur la durée du crédit. Une durée plus longue augmente le risque couvert par l’assureur, donc le coût total de l’assurance.

L’âge

Le risque de décès augmente avec l’âge : à capital et durée identiques, un emprunteur plus âgé paie une prime plus élevée.

L’état de santé

Vous devez remplir un questionnaire médical et, selon le montant ou votre profil, passer un examen médical. Une maladie actuelle ou passée peut entraîner une surprime, voire un refus. Répondez de façon complète et exacte : une déclaration inexacte peut poser problème au moment où l’assurance doit intervenir.

Le tabac et, parfois, la profession

Beaucoup d’assureurs distinguent fumeurs et non-fumeurs, avec un tarif plus élevé pour les fumeurs. Wikifin cite aussi la profession parmi les éléments pris en compte. Vérifiez dans la simulation la case cochée pour ces critères : une erreur fausse la comparaison.

La quotité de couverture

Quand vous empruntez à deux, vous répartissez la couverture entre les emprunteurs :

  • 50/50 : chacun est assuré pour la moitié du capital ; en cas de décès de l’un, la moitié de la dette reste à rembourser par l’autre ;
  • 100/100 : chacun est assuré pour la totalité ; le survivant n’a plus de solde couvert à rembourser, mais la prime totale est plus élevée ;
  • répartition inégale (par exemple 70/30), souvent choisie selon les revenus de chacun.

Le mode de paiement de la prime

  • prime unique : payée en une fois au départ ;
  • primes périodiques fixes : un montant constant, souvent payé sur une partie seulement de la durée du crédit (fréquemment les deux tiers) ;
  • primes périodiques variables : le montant change chaque année selon l’âge et le capital restant.

Ces formules ne se comparent pas sur la première prime : seul le coût total sur toute la durée permet de les mettre côte à côte.

Exemple : ce que couvre un capital décroissant

Hypothèses purement illustratives : crédit de 200 000 € sur 20 ans, taux fixe de 3 % par an, mensualités constantes (environ 1 109 € par mois). Ce taux n’est pas une offre. Aucune prime n’est indiquée ici : elle dépend de votre profil et de l’assureur.

Moment Solde restant dû (arrondi)
Au départ 200 000 €
Après 5 ans 160 618 €
Après 10 ans 114 870 €
Après 15 ans 61 729 €

Avec une ASRD à capital décroissant calquée sur ce tableau, l’assureur verserait environ 114 870 € en cas de décès après 10 ans. Avec une quotité 50/50 entre deux emprunteurs, chacun serait couvert pour la moitié, soit environ 57 435 € à ce moment-là. Le détail du solde année par année figure dans le plan d’amortissement de votre emprunt.

Comment lire une simulation et comparer deux offres

  1. Vérifiez les données saisies : capital, durée, date de naissance, statut fumeur, quotité par emprunteur.
  2. Repérez le type de capital : décroissant ou constant, et le lien avec votre tableau d’amortissement.
  3. Relevez le coût total sur toute la durée, et le nombre d’années de paiement.
  4. Lisez les exclusions : certaines causes de décès ou situations peuvent être exclues.
  5. Intégrez la réduction de taux éventuelle : si le prêteur baisse le taux du crédit à condition de prendre son assurance, comparez le coût global (crédit + assurance), pas l’assurance seule.
  6. Distinguez simulation et proposition : seul le document de l’assureur après acceptation médicale engage sur le prix.

Le libre choix de l’assureur

Le Code de droit économique (Livre VII, articles VII.146 et VII.147 pour le crédit hypothécaire) encadre ce point. Le prêteur peut exiger une assurance, mais il doit accepter celle d’un autre assureur si elle offre une garantie équivalente à un prix égal ou inférieur. En revanche, si l’assurance du prêteur faisait partie d’une offre groupée assortie d’une réduction de taux, le prêteur n’est pas tenu de maintenir cette réduction.

Pour un crédit à la consommation (voiture, travaux, prêt personnel), Wikifin rappelle que personne ne peut vous obliger à souscrire une ASRD ni à passer par un assureur désigné. Comparez alors le coût de l’assurance avec le montant et la durée du crédit.

Avant de signer, vous pouvez aussi vous renseigner sur les conditions et étapes d’un crédit immobilier, dont l’assurance fait partie du dossier.

Risque de santé accru : droit à l’oubli, surprime et recours

Le droit à l’oubli

Selon Assuralia, depuis le 1er juin 2026, un cancer ne doit plus être déclaré à l’assureur lorsqu’un délai de 5 ans s’est écoulé après la fin d’un traitement réussi, sans rechute pendant cette période. Le traitement actif (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie) doit être terminé ; l’hormonothérapie fait exception. Pour certains cancers, une grille de référence publiée par le SPF Économie prévoit des délais plus courts ; dans ce cas, l’affection doit être déclarée. Une grille similaire existe pour certaines maladies chroniques, avec des surprimes maximales.

Ces règles visent les ASRD couvrant un crédit hypothécaire pour acquérir, construire ou transformer votre habitation propre et unique, ou un crédit professionnel.

Surprime ou refus : ce que vous pouvez faire

Situation Recours
Refus ou surprime pour raison de santé L’assureur doit motiver sa décision
Refus ou surprime > 75 % de la prime de base Bureau du suivi de la tarification (gratuit)
Surprime > 125 % de la prime de base Caisse de compensation (sous conditions)

Le Bureau du suivi de la tarification vérifie si le refus ou la surprime est justifié sur le plan médical et de la technique d’assurance. Il intervient pour une ASRD liée à un crédit hypothécaire pour votre habitation propre et unique ; la demande passe par l’assureur et ne coûte rien.

Pour ce même type de crédit, la part de surprime que vous payez vous-même est limitée à 125 % de la prime de base ; au-delà, la Caisse de compensation intervient, dans les limites prévues (SPF Économie).

Erreurs fréquentes

  • Comparer la première prime d’une formule à primes variables avec une prime fixe.
  • Oublier que la réduction de taux du prêteur peut disparaître si vous choisissez un autre assureur.
  • Choisir une quotité sans regarder qui rembourserait le solde en cas de décès.
  • Omettre une information dans le questionnaire médical.
  • Ne pas adapter l’assurance après un remboursement anticipé du prêt hypothécaire : le capital assuré ne suit plus forcément la dette.

Questions fréquentes

L’assurance solde restant dû est-elle obligatoire ?

Non, la loi ne l’impose pas. Mais pour un crédit hypothécaire, la plupart des prêteurs en font une condition d’octroi.

Puis-je changer d’assureur en cours de crédit ?

Le Livre VII vous permet de proposer un autre assureur offrant une garantie équivalente. En cours de crédit, vérifiez les conditions de votre contrat de prêt, la perte éventuelle d’une réduction de taux et le nouveau questionnaire médical avant de résilier l’ancienne assurance.

Les primes donnent-elles droit à un avantage fiscal ?

Un avantage fiscal est possible sous conditions, selon la région et le régime de votre crédit. Vérifiez votre situation auprès de votre assureur ou du SPF Finances avant d’en tenir compte.

Sources

Consultées le 25 septembre 2026 :

Information générale, sans conseil personnalisé. Le tarif et l’acceptation dépendent de l’assureur et de votre dossier.

Crédit sur gage