Calculer le taux d’un prêt à la consommation : retrouver le TAEG d’une offre

Pour calculer le taux d’un prêt à la consommation dont vous connaissez le montant, la durée et la mensualité, il faut procéder à l’envers : aucune formule ne donne directement le taux. On teste des taux successifs jusqu’à ce que la valeur actualisée des mensualités soit égale à la somme réellement reçue. Si des frais sont retenus au départ, cette somme diminue et le taux obtenu, le TAEG, augmente. Cette page montre la méthode pas à pas, avec un exemple vérifié, et explique comment contrôler une publicité ou une simulation.

L’essentiel

  • Le TAEG est défini par une équation fixée par l’arrêté royal du 14 septembre 2016 : ce que le prêteur verse et ce que vous remboursez doivent avoir la même valeur actualisée.
  • Cette équation ne se résout pas directement : on la résout par essais successifs, ou avec la fonction TAUX d’un tableur.
  • Sans aucun frais, le taux trouvé est à la fois le taux débiteur (exprimé en taux annuel équivalent) et le TAEG. Avec des frais, le TAEG est plus élevé.
  • Si vos chiffres ne concordent pas avec une offre, demandez le formulaire SECCI : il reprend le taux débiteur, le TAEG, les montants des termes et le montant total dû.

Quel taux cherchez-vous exactement ?

Trois taux coexistent dans un contrat de crédit à la consommation. Le Code de droit économique les définit à l’article I.9 :

  • Le taux périodique : le taux appliqué à chaque période, en général chaque mois, pour calculer les intérêts de cette période.
  • Le taux débiteur : le taux d’intérêt annuel appliqué au capital. Il ne tient compte que des intérêts.
  • Le TAEG (taux annuel effectif global) : le taux qui exprime l’équivalence entre ce que le prêteur vous verse et tout ce que vous payez, intérêts et autres coûts du crédit compris.

Pour passer d’un taux connu à une mensualité, voyez notre guide calculer une mensualité à partir du TAEG. Ici, on fait le chemin inverse : on part de la mensualité pour retrouver le taux.

L’équation légale du TAEG

L’article 3 de l’arrêté royal du 14 septembre 2016 fixe l’équation de base du TAEG. En langage courant, elle dit ceci :

  1. on prend chaque montant versé par le prêteur et chaque paiement fait par l’emprunteur, à sa date ;
  2. on actualise chacun de ces montants à la date du premier versement, en le divisant par (1 + X) élevé à la durée écoulée en années ;
  3. le TAEG est le taux X pour lequel le total actualisé des versements du prêteur est égal au total actualisé des paiements de l’emprunteur.

Le même article précise qu’une année compte 365 jours (366 les années bissextiles), 52 semaines ou 12 mois normalisés, un mois normalisé comptant 30,41666 jours. Le résultat est exprimé en pourcentage avec au moins une décimale.

Pour un prêt remboursé par mensualités constantes, la mensualité numéro k est donc actualisée en la divisant par (1 + X)k/12. Comme X apparaît dans chaque terme avec un exposant différent, on ne peut pas l’isoler : il faut l’approcher par essais.

Retrouver le TAEG d’une offre par itération

Hypothèses d’illustration, qui ne correspondent à aucune offre réelle : un prêt à tempérament de 6 000 € versé en une fois, remboursé en 36 mensualités de 185 €, sans aucun frais. Vous payez au total 6 660 €, soit 660 € de coût.

La méthode consiste à choisir un taux X, à calculer la valeur actualisée (valeur actuelle) des 36 mensualités, puis à la comparer aux 6 000 € reçus :

  • si la valeur actualisée est supérieure à 6 000 €, le taux testé est trop bas ;
  • si elle est inférieure, le taux testé est trop élevé ;
  • on resserre l’intervalle jusqu’à la précision voulue.
Taux testé Valeur actuelle Verdict
5 % 6 182,94 € trop bas
8 % 5 928,02 € trop haut
7 % 6 010,62 € trop bas
7,2 % 5 993,91 € trop haut
7,1 % 6 002,25 € trop bas
7,13 % 5 999,75 € atteint

Le calcul converge vers un TAEG d’environ 7,13 %, soit un taux mensuel équivalent de 0,5754 % ((1,0713)1/12 − 1). Vérification : 6 000 × 0,005754 / (1 − 1,005754−36) ≈ 185,00 €. Calculs vérifiés le 25 septembre 2026.

Comme il n’y a aucun frais dans cet exemple, ce taux est aussi le taux débiteur exprimé en taux annuel équivalent. Si le contrat exprime son taux débiteur de façon proportionnelle (taux mensuel × 12), il affichera environ 6,90 % pour le même prêt : les deux chiffres décrivent le même coût, mais seul le TAEG suit la méthode légale commune à toutes les offres.

Pour voir ce que le contrat doit mentionner sur ces taux et des exemples de prêts calculés, vous pouvez lire le guide d’online-credit.be sur le prêt à tempérament.

Le même calcul dans un tableur

La fonction TAUX (RATE en anglais) fait l’itération à votre place. Elle renvoie un taux par période, qu’il faut ensuite convertir en taux annuel :

  • taux mensuel : =TAUX(36;-185;6000), soit environ 0,5754 % ;
  • TAEG sans frais : =(1+TAUX(36;-185;6000))^12-1, soit environ 7,13 %.

Saisissez la mensualité en négatif et le montant reçu en positif : ce sont des flux de sens opposé. Pour une offre avec frais retenus au départ, remplacez 6 000 par le montant réellement mis à votre disposition (voir ci-dessous).

Ajouter les frais : du taux débiteur au TAEG

Le coût total du crédit, qui entre dans le TAEG, comprend selon l’article I.9 du Code de droit économique les intérêts, mais aussi les frais de dossier, d’enquête ou de gestion, les commissions d’intermédiaire, les taxes et les primes d’une assurance imposée pour obtenir le crédit. Les frais de notaire en sont exclus. Wikifin (FSMA) rappelle que les frais liés à un défaut de paiement ou l’indemnité de remploi ne figurent pas non plus dans le TAEG.

Reprenons l’exemple en ajoutant, par hypothèse, 75 € de frais de dossier payés au départ. Les mensualités restent de 185 €, mais vous ne disposez réellement que de 5 925 €. On refait l’itération avec ce montant :

Situation Somme reçue TAEG
Sans frais 6 000 € ≈ 7,13 %
Frais de 75 € 5 925 € ≈ 8,04 %

Dans un tableur : =(1+TAUX(36;-185;5925))^12-1. Le taux débiteur, lui, ne bouge pas : il ne mesure que les intérêts sur 6 000 €. C’est pour cela que deux offres au même taux débiteur peuvent afficher des TAEG différents.

Lorsque des frais sont payés chaque mois (une prime d’assurance obligatoire ajoutée à la mensualité, par exemple), ajoutez-les au montant du terme avant de lancer le calcul. Le détail de ce cas figure dans notre guide sur la mensualité à partir du TAEG.

Vérifier une publicité ou une simulation

En Belgique, une publicité qui annonce un taux ou un chiffre de coût doit mentionner, à l’aide d’un exemple représentatif, le taux débiteur, le montant du crédit, le TAEG, la durée et, le cas échéant, le montant total dû et les termes de paiement (article VII.64 du Code de droit économique). Ces informations suffisent pour refaire le calcul.

  1. Relevez les chiffres : montant, nombre de mensualités, montant de chaque mensualité, TAEG annoncé, frais éventuels.
  2. Contrôlez le total : mensualité × nombre de mois doit correspondre au montant total dû annoncé, frais payés à part en plus.
  3. Recalculez le TAEG avec la méthode ci-dessus, ou recalculez la mensualité à partir du TAEG annoncé.
  4. Comparez : un écart de quelques centimes s’explique par les arrondis ; un écart plus important signale une donnée manquante ou un taux calculé autrement.

Exemple de contrôle (hypothétique) : une simulation affiche 6 000 € sur 36 mois, une mensualité de 185 € et un « TAEG de 6,9 % ». Au TAEG de 6,9 %, la mensualité serait d’environ 184,42 €, pour un total de 6 638,97 €. L’écart est de 0,58 € par mois, soit 21,03 € sur la durée. Il est trop grand pour un simple arrondi : le chiffre de 6,9 % correspond ici au taux proportionnel (taux mensuel × 12), pas au TAEG, qui atteint 7,13 %. Dans un cas réel, demandez des explications au prêteur avant de comparer cette offre à d’autres.

Avant la signature, le prêteur ou l’intermédiaire doit vous remettre le formulaire « informations européennes normalisées en matière de crédit aux consommateurs » (SECCI). Selon l’article VII.70, il indique notamment le taux débiteur, le TAEG et le montant total dû avec un exemple représentatif et toutes ses hypothèses, ainsi que les montants des termes et le nombre de paiements. C’est le document à utiliser pour votre vérification.

Pourquoi votre résultat peut différer de quelques centimes

  • Les arrondis légaux : le taux débiteur est arrondi à la deuxième décimale (article 6 de l’arrêté royal du 14 septembre 2016) et le TAEG est exprimé avec au moins une décimale.
  • Les dates réelles : si la première mensualité tombe plus d’un mois après le versement, ou si le prêteur compte en jours, le TAEG légal en tient compte ; un calcul en mois réguliers donne un résultat légèrement différent.
  • La dernière mensualité : elle est souvent ajustée de quelques centimes pour solder le capital.
  • Le taux variable : le TAEG repose alors sur des hypothèses ; si le taux change, le coût réel change aussi.
  • L’ouverture de crédit (carte de crédit, réserve d’argent) : sans mensualité fixe ni durée déterminée, le calcul par annuités ne s’applique pas tel quel.

Erreurs fréquentes

  • Diviser le coût total par le montant emprunté et par le nombre d’années : ce « taux moyen » ignore que le capital diminue chaque mois et sous-estime nettement le taux réel.
  • Oublier que des frais retenus au départ réduisent la somme réellement reçue.
  • Comparer le taux débiteur d’une offre avec le TAEG d’une autre.
  • Prendre un taux proportionnel (taux mensuel × 12) pour un TAEG.
  • Lancer la fonction TAUX avec la mensualité et le montant du même signe : le tableur renvoie alors une erreur.

Ce que ce calcul ne vous dit pas

Retrouver le TAEG permet de vérifier une offre et de la comparer à d’autres, à montant et durée identiques. Il reste trois contrôles à faire :

  • Le plafond légal : le TAEG ne peut pas dépasser un maximum fixé par arrêté royal selon le type, le montant et éventuellement la durée du crédit (article VII.94). Les maximums en vigueur sont publiés par le SPF Économie ; nous détaillons leur évolution dans l’article quel est le taux d’un prêt à la consommation en Belgique.
  • La durée maximale : elle dépend du montant emprunté (article VII.95 et arrêté royal du 14 septembre 2016). Dans notre exemple, 36 mois pour 6 000 € restent sous le maximum de 42 mois prévu pour cette tranche. Le tableau complet et le calcul de l’indemnité de remboursement anticipé (article VII.97) figurent dans notre page prêt à tempérament : mensualité et tableau d’amortissement.
  • Votre budget : un taux correct ne dit rien de la charge que la mensualité représente pour vous. Gardez une marge pour les dépenses imprévues.

Simuler un prêt personnel

Pour obtenir une mensualité et un TAEG calculés sur une demande réelle, vous pouvez utiliser le simulateur de prêt personnel d’Express Finance (expressfinance.be), un site commercial (lien commercial), qui permet ensuite d’introduire une demande en ligne. La simulation ne vaut pas accord : le prêteur analyse votre situation et consulte la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale avant toute décision. Vérifiez ensuite les chiffres obtenus avec la méthode de cette page.

Simuler et demander
un prêt personnel
(expressfinance.be)

Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.

Sources

  • Code de droit économique, article I.9 (41° coût total du crédit, 42° TAEG, 44° taux débiteur, 44/1° taux périodique) et livre VII, articles VII.64, VII.70, VII.94, VII.95, VII.97 et VII.149 — texte consolidé Justel, consulté le 25 septembre 2026.
  • Arrêté royal du 14 septembre 2016 relatif aux coûts, aux taux, à la durée et aux modalités de remboursement des contrats de crédit soumis à l’application du livre VII du Code de droit économique, articles 3 (équation du TAEG) et 6 (arrondi du taux débiteur) — Justel, consulté le 25 septembre 2026.
  • Wikifin (FSMA), « Combien coûte un crédit ? Le TAEG » (mise à jour du 12 février 2026), consulté le 25 septembre 2026.
  • SPF Économie, Tarifs maximaux des crédits à la consommation, consulté le 25 septembre 2026.
  • Calculs des exemples (itération sur l’équation du TAEG, fonction TAUX, formule d’annuité) vérifiés le 25 septembre 2026. Montants, mensualités et frais sont des hypothèses, pas des offres.
Crédit à la consommation