Être « fiché à la BNB » signifie qu’un défaut de paiement sur un crédit a été enregistré à votre nom dans la Centrale des crédits aux particuliers, tenue par la Banque nationale de Belgique. Obtenir un nouveau crédit devient alors très difficile, et parfois légalement impossible : un prêteur agréé doit consulter ce fichier avant d’accorder un crédit et, pour un crédit à la consommation, il ne peut pas en conclure un nouveau si vos défauts non remboursés dépassent 1.000 euros au total. Aucun acteur sérieux ne peut donc vous promettre un crédit « malgré le fichage ». Ce guide explique ce que contient le fichier, combien de temps vous y restez, comment le consulter gratuitement, comment en sortir et vers qui vous tourner en cas de difficulté.
L’essentiel
- Le « fichage » est l’enregistrement d’un défaut de paiement dans la Centrale des crédits aux particuliers (BNB).
- Après remboursement (régularisation), le défaut reste visible un an. Sans régularisation, il est conservé jusqu’à dix ans après le premier défaut.
- Avec plus de 1.000 euros de défauts non remboursés sur des crédits à la consommation, un prêteur ne peut pas conclure de nouveau crédit à la consommation.
- Vous pouvez consulter gratuitement vos données (en ligne, par courrier, par e-mail ou au guichet de la BNB).
- Méfiez-vous des offres de « crédit pour fiché » qui demandent des frais à l’avance : c’est le schéma classique des faux crédits signalés par la FSMA.
- En cas de dettes, la médiation de dettes (CPAS ou service agréé) et le règlement collectif de dettes existent.
Que veut dire « être fiché à la Banque nationale » ?
Il n’existe pas de « liste noire » séparée : la Banque nationale de Belgique (BNB) tient la Centrale des crédits aux particuliers. Elle enregistre :
- les contrats de crédit à la consommation et de crédit hypothécaire conclus par des particuliers, même lorsqu’ils sont remboursés normalement ;
- les défauts de paiement sur ces crédits ;
- les avis relatifs au règlement collectif de dettes.
Avoir un crédit en cours ne signifie donc pas être « fiché ». Dans le langage courant, on est fiché lorsqu’un défaut de paiement apparaît à son nom. La BNB le résume ainsi : dans ce cas, il vous sera très difficile d’obtenir un nouveau prêt, parce que les prêteurs doivent consulter la Centrale avant d’accorder un crédit.
La Banque nationale ne prête pas d’argent aux particuliers et ne décide pas à la place du prêteur. Pour mieux comprendre son rôle et celui des intermédiaires, voir notre article Banque nationale et courtier en crédit : qui fait quoi ?
Quand un défaut de paiement est-il enregistré ?
Le prêteur doit communiquer le défaut dans les huit jours ouvrables suivant sa constatation, selon des critères fixés par la loi. À titre d’exemple, la note de l’Autorité de protection des données (version 2018) cite pour un prêt à tempérament ou un crédit hypothécaire remboursable par mensualités :
- trois mensualités non payées ou payées incomplètement ;
- ou une mensualité restée impayée pendant trois mois ;
- ou l’exigibilité de tout le solde (clause de déchéance du terme) sans paiement dans le mois suivant la lettre recommandée.
Pour une ouverture de crédit, c’est notamment un montant échu resté impayé pendant trois mois. Un seul retard ponctuel de quelques jours ne suffit donc pas à être fiché.
Combien de temps reste-t-on fiché ?
| Situation | Durée de conservation (BNB) |
|---|---|
| Contrat de crédit remboursé normalement | Effacé au plus tard 3 mois et 8 jours après la fin du contrat |
| Défaut de paiement régularisé (tout est remboursé) | 1 an à partir de la date de régularisation |
| Défaut de paiement non régularisé | 10 ans à partir de la date du premier défaut |
Exemple : un premier défaut est enregistré en mars 2025. Si la dette est entièrement remboursée en septembre 2026, la mention disparaît au plus tard en septembre 2027. Si rien n’est remboursé, elle peut rester jusqu’en mars 2035. Rembourser (ou conclure un plan de remboursement qui aboutit) est donc le seul moyen d’accélérer la sortie du fichier. On ne « paie » pas pour être radié.
Peut-on obtenir un crédit en étant fiché ?
La réponse honnête est : très rarement, et jamais de façon garantie. Le Livre VII du Code de droit économique encadre strictement le prêteur :
- il doit interroger la Centrale des crédits aux particuliers avant de conclure un crédit ;
- il doit évaluer votre capacité de remboursement (revenus, charges, dettes en cours, situation familiale, logement) et refuser s’il estime que vous ne pourrez pas rembourser ;
- si des défauts de paiement non remboursés de plus de 1.000 euros au total sont enregistrés pour des crédits à la consommation, il ne peut pas conclure un nouveau crédit à la consommation ;
- pour un défaut non remboursé plus faible, il ne peut conclure qu’avec une motivation complémentaire dans le dossier de crédit.
Un refus n’est donc pas un manque de bonne volonté : c’est souvent une obligation légale, qui protège aussi l’emprunteur contre un surendettement plus lourd. En cas de refus, le prêteur doit vous indiquer gratuitement quelles bases de données il a consultées.
Certaines personnes cherchent un crédit de regroupement pour rembourser leurs dettes en une seule mensualité. Les mêmes règles s’appliquent : consultation de la Centrale, analyse de solvabilité et limite des 1.000 euros pour le crédit à la consommation. Un regroupement n’efface pas les défauts et allonge généralement la durée, donc le coût total.
Si vous envisagez de passer par un intermédiaire, vérifiez qu’il est inscrit auprès de la FSMA : voir courtier en crédit : rôle, rémunération et vérification FSMA. Un courtier ne peut pas contourner la Centrale.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Les risques : faux prêteurs et offres « pour fichés »
Les signaux d’alerte d’un faux crédit (selon la FSMA)
- une offre de crédit non sollicitée, par e-mail, SMS ou réseau social ;
- des conditions trop belles : gros montant, taux très bas, très longue durée, « même fiché » ;
- des frais à payer avant de recevoir l’argent (frais de dossier, assurance, notaire, « déblocage ») ;
- une adresse e-mail privée (gmail, hotmail, outlook…) plutôt qu’une adresse professionnelle ;
- un paiement demandé par transfert d’argent difficile à tracer ;
- des coordonnées impossibles à vérifier, ou le nom d’une vraie société utilisé par un usurpateur.
Une fois les frais payés, le faux prêteur disparaît. Vérifiez toujours l’identité de votre interlocuteur et son autorisation sur le site de la FSMA.
Autre risque : les prêts entre particuliers ou « arrangements » hors cadre légal. En Belgique, le coût des crédits à la consommation est plafonné par des tarifs maximaux publiés par le SPF Économie ; un prêteur qui les dépasse, ou qui profite de votre situation pour imposer des conditions abusives, vous expose à un endettement plus grave. N’accordez jamais de procuration sur votre compte et ne signez rien sans avoir lu le contrat.
Comment consulter gratuitement vos données à la BNB
Chaque personne peut consulter gratuitement les données enregistrées à son nom. Quatre moyens existent :
- En ligne, via la page de consultation de la BNB (le moyen le plus rapide, avec votre carte d’identité électronique ou itsme).
- Par e-mail : demande signée accompagnée d’une copie recto verso de votre carte d’identité.
- Par courrier : lettre signée avec copie de la carte d’identité à la Banque nationale de Belgique, Centrale des crédits aux particuliers, boulevard de Berlaimont 14, 1000 Bruxelles.
- Au guichet : boulevard de Berlaimont 18, 1000 Bruxelles, muni de votre carte d’identité (vérifiez les heures d’ouverture sur le site de la BNB).
Aucune information n’est communiquée par téléphone. Méfiez-vous de tout site qui propose de « consulter votre fichage » moyennant paiement : la consultation officielle est gratuite.
Et si une donnée est erronée ?
Si vous estimez qu’un enregistrement est inexact (dette déjà payée, montant faux, crédit que vous n’avez pas contracté), demandez la rectification au prêteur qui a communiqué la donnée, pièces justificatives à l’appui (preuves de paiement, courriers). La rectification est gratuite. Vous pouvez aussi vous adresser à la Centrale des crédits aux particuliers.
Comment régulariser et sortir du fichier
- Consultez vos données pour savoir exactement quels crédits et quels montants sont concernés.
- Contactez le prêteur (ou la société de recouvrement mandatée) pour connaître le solde exact et proposer un plan de remboursement réaliste, par écrit.
- Remboursez selon le plan convenu et conservez toutes les preuves de paiement.
- Vérifiez la régularisation : une fois la dette soldée, le prêteur doit le communiquer à la Centrale. Contrôlez vos données quelques semaines plus tard.
- Attendez le délai d’un an après la régularisation : la mention disparaît ensuite.
Pendant cette période, un budget mensuel écrit (revenus, charges fixes, dettes) aide à éviter de nouveaux retards, par exemple sur les factures d’énergie ou le loyer.
Les alternatives quand les dettes s’accumulent
La médiation de dettes (amiable)
Un médiateur de dettes analyse votre budget, négocie avec vos créanciers et propose un plan de remboursement supportable. En Belgique, la médiation de dettes ne peut être exercée que par des avocats, notaires, huissiers de justice, ou par des institutions agréées : CPAS, communes ou associations reconnues. Le point de départ le plus simple est souvent le CPAS de votre commune, qui assure la médiation ou vous oriente vers un service agréé de votre région.
Le règlement collectif de dettes (judiciaire)
Si la situation est trop lourde pour un accord amiable, le règlement collectif de dettes permet à une personne surendettée de demander au tribunal du travail la désignation d’un médiateur judiciaire. Celui-ci cherche un accord avec les créanciers pour rembourser les dettes tout en vous permettant de vivre dignement. Pendant la procédure, les saisies et poursuites pour les dettes antérieures sont arrêtées, et le plan ne peut pas dépasser sept ans. Les frais du médiateur sont prélevés sur le compte de médiation. La procédure est enregistrée à la Centrale des crédits aux particuliers.
L’aide du CPAS
Au-delà de la médiation, le CPAS peut examiner votre situation (aide sociale, énergie, logement). Demander de l’aide tôt évite souvent que les retards deviennent des défauts enregistrés.
Questions fréquentes
Suis-je fiché si je paie une mensualité en retard ?
Pas pour un retard isolé de quelques jours. L’enregistrement suit des critères légaux (par exemple plusieurs mensualités impayées ou une mensualité impayée pendant trois mois pour un prêt à tempérament). Consultez vos données en cas de doute.
Mon conjoint est fiché : puis-je emprunter seul ?
Le prêteur consulte la Centrale pour chaque emprunteur. Si vous empruntez seul, c’est votre situation qui est examinée, mais le prêteur évalue aussi les charges du ménage. Si vous êtes codébiteur d’un crédit en défaut, le défaut peut aussi apparaître à votre nom.
Un site peut-il « effacer » mon fichage contre paiement ?
Non. Seules la régularisation (puis le délai d’un an) ou la rectification d’une donnée erronée par le prêteur font disparaître un enregistrement.
Sources
- Banque nationale de Belgique, Centrale des crédits aux particuliers : informations pour les particuliers (consultation, durées de conservation), consulté le 24/09/2026.
- Banque nationale de Belgique, Centrale des crédits aux particuliers, guide (PDF), consulté le 24/09/2026.
- Banque nationale de Belgique, Am I on the blacklist of bad debtors?, consulté le 24/09/2026.
- SPF Économie, Droits et obligations du prêteur (consultation de la Centrale, seuil de 1.000 euros), consulté le 24/09/2026.
- SPF Économie, Tarifs maximaux du crédit à la consommation, consulté le 24/09/2026.
- SPF Économie, Livre VII du Code de droit économique, consulté le 24/09/2026.
- FSMA, Faux crédits, consulté le 24/09/2026.
- Autorité de protection des données, Les droits des personnes fichées à la Centrale des crédits aux particuliers (PDF, 2018), consulté le 24/09/2026.
- Région de Bruxelles-Capitale, Debt mediation, consulté le 24/09/2026.
- Tribunaux du travail, Le règlement collectif de dettes en 10 questions (PDF, 2019), consulté le 24/09/2026.
Ce guide donne une information générale et ne remplace pas l’avis d’un médiateur de dettes ou d’un conseiller juridique. calculer-un-credit.be publie aussi des liens vers des offres commerciales sur d’autres pages ; aucune offre n’est proposée sur celle-ci.
