Un crédit à taux zéro, en Belgique, c’est un crédit dont le TAEG (taux annuel effectif global) est de 0 % : vous remboursez exactement le montant emprunté, sans intérêts ni frais. On le rencontre surtout en magasin, sous forme de paiement échelonné pour un achat précis, ou dans les formules « acheter maintenant, payer plus tard ». Un taux affiché à 0 % ne suffit pourtant pas à conclure que l’achat ne vous coûte rien : il faut vérifier le TAEG, les frais annexes et surtout le prix que vous payeriez au comptant.
L’essentiel
- Un « taux débiteur de 0 % » avec des frais de dossier n’est pas gratuit : c’est le TAEG qui compte.
- Un crédit à 0 % reste en principe un crédit à la consommation encadré par le livre VII du Code de droit économique. Seules quelques formules très courtes (deux mois maximum, sans intérêts, frais minimes) en sont exclues.
- Si le vendeur accorde une remise pour paiement comptant, le 0 % a un coût caché : comparez toujours avec le prix comptant.
- Retards de paiement et assurances facultatives peuvent faire grimper la facture.
Taux débiteur, TAEG : ce que « 0 % » veut vraiment dire
Deux taux sont souvent confondus :
- Le taux débiteur : il ne mesure que les intérêts.
- Le TAEG : il exprime le coût total du crédit sur une base annuelle. La loi y inclut les intérêts, mais aussi les frais de dossier, frais de gestion, taxes, commissions d’intermédiaire et les primes d’assurance lorsque cette assurance est obligatoire pour obtenir le crédit (article I.9, 41°, du Code de droit économique).
Une publicité « 0 % d’intérêt » peut donc cacher des frais. Un vrai crédit gratuit affiche un TAEG de 0 % et un montant total à rembourser égal au prix du bien.
Ce qui peut rendre un « 0 % » payant
- Des frais fixes (dossier, ouverture, gestion) : ils font monter le TAEG même si le taux débiteur reste à 0 %.
- Une assurance facultative proposée avec le crédit : si elle n’est pas obligatoire, son coût n’entre pas dans le TAEG, mais il s’ajoute bien à votre dépense.
- Un prix majoré ou une remise refusée : si le magasin accorde une réduction à qui paie comptant, payer en plusieurs fois revient à renoncer à cette réduction.
- Les retards : pénalités, intérêts de retard et frais de recouvrement ne sont pas compris dans le TAEG annoncé.
- Une durée limitée : certaines formules ne sont gratuites que pendant une période ; lisez ce qui se passe au-delà.
Ce que dit le livre VII sur les crédits sans intérêts
Le livre VII du Code de droit économique définit le contrat de crédit de façon large : un prêt, mais aussi un délai de paiement ou toute autre facilité de paiement similaire (article I.9, 39°). Un paiement échelonné à 0 % est donc, en règle générale, un crédit à la consommation, avec les protections qui l’accompagnent : information précontractuelle, vérification de votre solvabilité, contrat écrit et droit de renonciation.
L’article VII.3, § 2, exclut toutefois certains cas du champ du livre VII, notamment :
- Le crédit sans intérêt très court : remboursé en deux mois au maximum, avec des frais inférieurs à un seuil mensuel fixé par la loi (4,17 euros par mois en valeur de décembre 2010, indexé chaque année) (VII.3, § 2, 3°).
- Le délai de paiement accordé sans frais pour régler une dette existante, par exemple une facture que le créancier vous laisse étaler sans rien facturer (VII.3, § 2, 6°).
Autrement dit, un paiement en dix mois à 0 % chez un commerçant n’échappe pas au livre VII du seul fait qu’il est gratuit. Pour un montant inférieur à 200 euros, le livre ne s’applique qu’en partie (VII.3, § 3, 1°).
Le texte consolidé du Code mentionne une loi du 20 juillet 2026 dont plusieurs dispositions entrent en vigueur le 20 novembre 2026. Vérifiez les règles applicables à la date de votre contrat.
Où rencontre-t-on le crédit à 0 % ?
En magasin : la vente à tempérament
Électroménager, mobilier, informatique, vélo : le vendeur propose de payer le bien en mensualités, parfois « sans intérêts ». Lorsque le crédit sert à acheter un bien vendu par le prêteur ou par un intermédiaire, la loi parle de vente à tempérament (article I.9, 46°). Le crédit est souvent accordé par un organisme financier partenaire du magasin : c’est lui qui vous envoie le contrat et les rappels.
Pour un appareil ménager, vous pouvez comparer le paiement en magasin avec les autres formules possibles, leur durée légale et leur coût dans ce guide du prêt électroménager.
Ce type de crédit est lié à un achat précis. Pour comprendre la différence avec un prêt dont vous utilisez librement l’argent, voyez notre page crédit affecté ou prêt personnel.
En ligne : « acheter maintenant, payer plus tard »
Wikifin, le site d’éducation financière de la FSMA, décrit ces formules comme un report de paiement de quelques semaines ou un paiement en plusieurs fois, accordé par une institution financière spécialisée et non par le site marchand. Il met en garde : les frais de retard sont souvent élevés, le dossier peut passer à un organisme de recouvrement après un ou quelques rappels, et la facilité de commande peut faire perdre de vue ses dépenses. Ses conseils :
- notez tout de suite la date d’échéance ;
- surveillez vos e-mails et l’application : les rappels arrivent rarement par courrier ;
- renvoyez à temps un achat que vous ne gardez pas, sinon la facture reste due ;
- en cas de difficultés financières, préférez le paiement immédiat.
Si vous cherchez plutôt à étaler une grosse dépense ponctuelle, notre guide payer son mariage en plusieurs fois compare épargne, prêt personnel et paiement fractionné chez un prestataire.
Exemple calculé : 0 % ou remise au comptant ?
Hypothèses : un canapé affiché à 5 000 €, payable en 20 mensualités de 250 € à 0 %, sans frais. Le magasin accorde aussi 8 % de remise en cas de paiement comptant, soit 4 600 €. Ces montants sont un exemple, pas une offre existante.
| Option | Total payé |
|---|---|
| Comptant (remise) | 4 600,00 € |
| 20 × 250 € à 0 % | 5 000,00 € |
| Prêt 7 %, 20 mois* | 4 877,97 € |
* Prêt de 4 600 € à un TAEG illustratif de 7 %, remboursé en 20 mensualités.
Ce qu’il faut en retenir :
- Payer 20 × 250 € au lieu de 4 600 € comptant revient à payer 400 € de plus : le coût de ce « crédit gratuit » correspond à un taux annuel effectif d’environ 10,1 % (calcul actuariel, 20 mensualités à terme échu).
- Dans ce cas, emprunter 4 600 € à un TAEG illustratif de 7 % (mensualité de 243,90 €) et payer comptant coûterait 277,97 €, soit moins que la formule à 0 %. Le taux réel d’un prêt dépend du prêteur, du montant, de la durée et de votre profil.
- Sans remise au comptant, la formule à 0 % sans frais reste la moins chère des deux crédits : elle ne vous coûte rien de plus que le prix.
- Un seul frais de dossier de 50 € sur la formule à 0 % suffit à porter son TAEG à environ 1,2 %.
Pour recalculer vous-même un TAEG à partir d’une mensualité, voyez calculer le taux d’un prêt à la consommation.
Comment comparer avant de signer
- Demandez le prix comptant, et s’il existe une remise pour paiement immédiat.
- Lisez le TAEG et le montant total dû dans l’information précontractuelle, pas seulement la mention « 0 % ».
- Repérez les frais : dossier, gestion, assurance proposée, frais en cas de retard.
- Vérifiez la durée et le calendrier : nombre de mensualités, date du premier paiement, ce qui se passe si vous remboursez plus tôt.
- Comparez avec vos autres options : épargne disponible, report de l’achat ou un prêt à tempérament si une remise au comptant rend l’opération intéressante.
- Additionnez vos mensualités en cours : plusieurs petits paiements échelonnés pèsent vite sur le budget.
Et si vous préférez payer comptant grâce à un prêt personnel ?
Lorsque le vendeur accorde une remise significative au comptant, un prêt personnel peut coûter moins que la formule « gratuite », comme dans l’exemple ci-dessus. Comparez toujours le montant total à rembourser, et vérifiez que la mensualité reste supportable. Un prêteur n’est jamais tenu d’accorder le crédit : il doit d’abord vérifier votre solvabilité.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Sources
- Code de droit économique, article I.9 (39°, 41°, 46°) et livre VII, article VII.3 (§ 2, 3° et 6° ; § 3, 1°) — texte consolidé Justel (modifications publiées jusqu’au 04/08/2026), eJustice, consulté le 26/09/2026.
- Wikifin (FSMA), Acheter maintenant et payer plus tard (mise à jour du 16/02/2026), consulté le 26/09/2026.
- SPF Économie, Tarifs maximaux des crédits à la consommation (TAEG maximums légaux), lien de référence au 26/09/2026.
- Exemple chiffré : calculs vérifiés le 26/09/2026 ; montants et taux illustratifs, sans valeur d’offre.
