Pourquoi assurer son prêt personnel ?

L’essentiel

  • Assurer un prêt personnel sert à ce que le crédit continue d’être remboursé si un événement grave vous empêche de payer : décès, parfois incapacité de travail ou perte d’emploi selon le contrat.
  • Pour un crédit à la consommation, l’assurance n’est pas imposée par la loi de manière générale : c’est le prêteur qui peut l’exiger dans ses conditions, ou vous la proposer en option.
  • Si l’assurance est obligatoire pour obtenir le crédit, sa prime fait partie du coût total du crédit et doit être intégrée au TAEG (Code de droit économique, art. I.9, 41°). Comparez donc les offres « assurance comprise ».

À quoi sert une assurance de prêt personnel ?

Un prêt personnel (prêt à tempérament) vous engage à payer une mensualité fixe pendant plusieurs années. Si vos revenus disparaissent ou si vous décédez, la dette ne s’efface pas : le solde restant dû, c’est-à-dire le capital encore à rembourser, reste exigible et peut peser sur vos proches ou vos héritiers s’ils acceptent la succession.

L’assurance couvre ce risque : en cas de sinistre prévu au contrat, l’assureur prend en charge tout ou partie du remboursement, dans les limites et conditions fixées par la police.

Les garanties que l’on rencontre

Garantie Ce qu’elle couvre en principe Points à vérifier
Décès (solde restant dû) Paiement du capital encore dû au jour du décès Âge maximum, questionnaire médical, exclusions
Incapacité de travail Prise en charge des mensualités pendant l’incapacité Délai de carence, délai d’attente, durée maximale d’intervention
Perte d’emploi involontaire Prise en charge temporaire des mensualités Statut exigé (salarié, ancienneté), plafond et nombre de mensualités couvertes

Le contenu exact varie d’un assureur à l’autre : seules les conditions générales et particulières de la police font foi.

Est-elle obligatoire ?

Aucune règle générale n’oblige à assurer un prêt à la consommation. Deux situations se présentent :

  • Assurance exigée par le prêteur : elle devient une condition du crédit. Sa prime entre alors dans le « coût total du crédit pour le consommateur », qui inclut « les coûts relatifs aux services accessoires liés au contrat de crédit, notamment les primes d’assurance, si la conclusion de ce contrat de services est obligatoire pour l’obtention même du crédit » (CDE, art. I.9, 41°, e). Elle est donc reprise dans le TAEG.
  • Assurance facultative : vous pouvez la refuser sans que le crédit soit refusé pour ce motif. Sa prime n’est alors pas dans le TAEG : il faut l’ajouter vous-même pour comparer le coût réel.

Demandez toujours par écrit si l’assurance proposée est une condition d’octroi ou une simple option, et vérifiez-le dans l’information précontractuelle.

Pour situer cette assurance parmi les autres éléments d’une demande (montant, durée, TAEG, mensualité), vous pouvez parcourir la rubrique prêt personnel de solucredit.be avant de comparer les offres reçues.

Exemple chiffré : ce que change l’assurance

Hypothèses purement illustratives (ce ne sont ni des offres ni des tarifs observés) : prêt de 10 000 € sur 48 mois (la durée maximale légale pour un prêt à tempérament de plus de 7 500 € à 10 000 €), taux débiteur annuel de 6 % appliqué mensuellement, prime d’assurance supposée de 8 € par mois.

Élément Sans assurance Avec assurance (8 €/mois)
Mensualité 234,85 € 242,85 €
Intérêts sur 48 mois 1 272,81 € 1 272,81 €
Primes sur 48 mois 0 € 384,00 €
TAEG approximatif (calcul actuariel) 6,17 % 8,01 % si l’assurance est obligatoire

Dans cet exemple, le capital restant dû est d’environ 7 719,77 € après 12 mois, 5 298,90 € après 24 mois et 2 728,71 € après 36 mois. C’est ce montant, décroissant, qu’une garantie décès prend en charge selon le moment du sinistre. Calculs vérifiés, arrondis au centime.

Pour refaire ce calcul avec vos propres chiffres, voyez notre méthode pour calculer une mensualité à partir du TAEG.

Comment décider si vous en avez besoin

  1. Évaluez votre filet de sécurité : épargne disponible, revenu du conjoint, assurance décès ou revenu garanti déjà souscrite (via l’employeur ou à titre privé).
  2. Mesurez l’enjeu : un petit montant sur une courte durée ne présente pas le même risque qu’un prêt élevé sur plusieurs années.
  3. Pensez à vos proches : une garantie décès évite que le solde restant dû ne pèse sur votre succession.
  4. Comparez le coût total : mensualité assurance comprise, durée de couverture, exclusions, délais de carence.
  5. Vérifiez les doublons : une couverture existante peut déjà répondre au même besoin.

Erreurs fréquentes

  • Comparer deux TAEG alors que l’un inclut une assurance obligatoire et l’autre non.
  • Signer sans lire les exclusions (maladies préexistantes, sports à risque, statut d’indépendant pour la perte d’emploi).
  • Répondre de façon incomplète au questionnaire médical : une fausse déclaration peut compromettre l’intervention de l’assureur.
  • Croire que l’assurance couvre tout retard de paiement : elle n’intervient que pour les événements prévus au contrat.

En cas de difficulté de remboursement, l’assurance ne règle pas tout. Contactez rapidement votre prêteur et, si nécessaire, un service de médiation de dettes agréé. Voir aussi : ne plus pouvoir rembourser son crédit : que faire en Belgique ?

Questions connexes

L’assurance d’un prêt personnel est-elle la même que celle d’un crédit hypothécaire ?

Le principe est proche (couvrir le solde restant dû), mais le cadre et les montants diffèrent. Pour le crédit hypothécaire, consultez notre page sur la simulation d’assurance solde restant dû.

Que se passe-t-il au décès de l’emprunteur non assuré ?

Le solde restant dû fait partie des dettes de la succession. En principe, les héritiers qui acceptent la succession en répondent ; un notaire peut vous éclairer sur les options successorales.

Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.

Sources

  • Code de droit économique, art. I.9, 41° (coût total du crédit, primes d’assurance) et 63° (solde restant dû), Livre VII (crédit à la consommation) — texte consolidé Justel, consulté le 25/09/2026.
  • Arrêté royal du 14 septembre 2016, art. 13 (délais maxima de remboursement des prêts à tempérament) — consulté le 25/09/2026.
Crédit à la consommation