Avant de signer avec un prêteur d’argent trouvé en ligne, vérifiez trois choses : qu’il est agréé ou enregistré par la FSMA (ou, s’il s’agit d’un intermédiaire, inscrit au registre de la FSMA), que ses coordonnées correspondent exactement à celles publiées par la FSMA, et qu’il ne vous demande aucun paiement avant la signature du contrat. En Belgique, personne ne peut exercer l’activité de prêteur sans cet agrément ou cet enregistrement (article VII.159 du Code de droit économique). Une offre qui ne passe pas ces contrôles doit être abandonnée, quelles que soient ses conditions.
L’essentiel
- Prêteur : agréé ou enregistré par la FSMA. Intermédiaire (courtier, agent) : inscrit au registre de la FSMA.
- Tant que le contrat n’est pas signé, aucun paiement ne peut circuler entre vous et le prêteur (art. VII.90).
- Un intermédiaire de crédit ne peut recevoir aucune rémunération de votre part (art. VII.114).
- Frais de dossier, « assurance » ou « frais de légalisation » à verser d’avance : signal typique de faux crédit selon la FSMA.
- Déjà payé ? Ne versez plus rien, prévenez votre banque, portez plainte à la police et contactez la FSMA.
Prêteur, intermédiaire, particulier : qui peut vous prêter en ligne ?
Sur internet, trois types d’interlocuteurs se présentent comme « prêteurs ». La loi ne leur impose pas les mêmes règles, et la première vérification consiste à savoir auquel vous avez affaire.
| Interlocuteur | Ce que la loi exige |
|---|---|
| Prêteur (banque, société de crédit) | Agrément ou enregistrement FSMA préalable. Il accorde le crédit et signe le contrat avec vous. |
| Intermédiaire de crédit | Inscription au registre FSMA. Il ne prête pas lui-même, ne travaille qu’avec des prêteurs agréés ou enregistrés et est rémunéré par eux, jamais par vous. |
| Particulier « prêteur privé » | Aucun statut : il ne peut pas exercer l’activité de prêteur ni en porter le titre. |
Les intermédiaires en crédit à la consommation se répartissent en courtiers de crédit, agents liés et agents à titre accessoire (art. VII.185). Un courtier ne peut exercer que sous sa propre dénomination (art. VII.112). Pour comprendre comment un courtier travaille et comment il est payé, lisez notre guide sur le rôle du courtier en crédit en Belgique.
Avant de contacter un intermédiaire, vous pouvez aussi parcourir un panorama des courtiers belges, de leurs produits et de leurs agréments, puis vérifier leur inscription sur le site de la FSMA.
Vérifier un prêteur en ligne : la check-list en 6 étapes
- Identifiez-le complètement. Tout site professionnel doit donner un accès facile à sa dénomination sociale, son adresse géographique, ses coordonnées (dont une adresse e-mail), son numéro d’entreprise et, pour une activité soumise à autorisation, les coordonnées de l’autorité de surveillance (art. XII.6 du Code de droit économique). Un « prêteur » joignable uniquement par WhatsApp ou par une messagerie gratuite ne remplit pas ces conditions.
- Contrôlez le numéro d’entreprise dans la Banque-Carrefour des Entreprises (recherche publique du SPF Économie) : la société existe-t-elle, à l’adresse annoncée, et son activité correspond-elle ?
- Cherchez-le dans les listes de la FSMA. La FSMA publie les listes des prêteurs agréés ou enregistrés en crédit à la consommation et en crédit hypothécaire, mises à jour chaque semaine. Son outil « Vérifiez votre fournisseur » permet aussi de retrouver un intermédiaire inscrit et d’afficher les mises en garde publiées contre des sociétés non autorisées.
- Comparez les coordonnées. Les fraudeurs usurpent souvent l’identité de sociétés autorisées (« cloned firms »). La FSMA conseille de vérifier que les coordonnées affichées sur son site pour cette société sont bien les mêmes que celles du site qui vous contacte, et de se méfier d’une adresse web proche de l’originale (un tiret ajouté, une autre extension), d’un numéro de téléphone étranger pour une société belge ou d’un site très récent. En cas de doute, contactez la société via les coordonnées publiées par la FSMA, pas via celles du message reçu.
- Exigez les documents avant de vous engager. Avant que vous soyez lié, le prêteur ou l’intermédiaire doit vous remettre sur support durable le formulaire d’information précontractuelle européen (SECCI), qui indique notamment le TAEG, la durée et le coût total (art. VII.70). Un prêteur réel évalue aussi votre solvabilité et doit consulter la Centrale des crédits aux particuliers de la BNB (art. VII.77). Une promesse de crédit « sans aucune vérification » est donc un signal d’alerte, pas un avantage.
- Refusez tout paiement avant la signature. Tant que le contrat n’a pas été signé par toutes les parties, aucun paiement ne peut être effectué, ni par le prêteur ni par vous (art. VII.90). Une fois le contrat signé, le montant est en principe versé par virement sur votre compte.
Pour la suite du parcours avec un prêteur autorisé (demande, contrôles, signature électronique), voyez notre article crédit en ligne en Belgique : emprunter en sécurité.
Les signaux d’arnaque relevés par la FSMA
La FSMA publie régulièrement des mises en garde contre des sociétés qui proposent de faux crédits aux consommateurs belges, souvent via des sites en néerlandais ou en français et les réseaux sociaux. Les schémas se répètent :
- Offre non sollicitée, reçue par internet ou sur un réseau social sans que vous ayez rien demandé.
- Conditions trop belles : montant très élevé au regard de votre situation, taux extrêmement bas, durée anormalement longue, absence annoncée de vérification.
- Adresse e-mail gratuite (@gmail.com, @hotmail.com, @outlook.com) : selon la FSMA, les prêteurs agréés utilisent en principe une adresse professionnelle.
- Versement préalable exigé : prime d’assurance contre le non-remboursement, frais de dossier, d’authentification ou administratifs. La FSMA précise que ces frais sont fictifs : une fois l’argent versé, le « prêteur » disparaît.
- Paiement par « mandat cash » ou transfert international d’argent comptant, qui ne permet pas de retrouver le bénéficiaire.
- Interlocuteur non identifiable ou établi hors de l’Union européenne, avec qui tout recours sera difficile.
Exemple : passer une offre reçue au crible
Illustration fictive, construite à partir des schémas décrits par la FSMA : un message sur un réseau social propose « 20 000 € à 2 %, sans vérification, fonds versés dès réception de 290 € de frais d’assurance ».
| Élément de l’offre | Ce qu’il faut en conclure |
|---|---|
| Contact spontané sur un réseau social | Offre non sollicitée : premier signal FSMA. |
| « Sans vérification » | Un prêteur réel doit évaluer votre solvabilité et consulter la Centrale. |
| Taux très bas pour un gros montant | Conditions qu’un prêteur agréé n’accorderait généralement pas. |
| 290 € à payer avant les fonds | Paiement avant signature interdit : frais fictifs. |
Un seul de ces éléments suffit à arrêter l’échange. Avec les quatre, il s’agit du schéma de faux crédit décrit par la FSMA.
« Prêteur privé », « prêteur personnel » : ce que recouvrent ces recherches
Beaucoup de personnes cherchent un « prêteur privé » après un refus bancaire. Il faut savoir qu’un particulier ne peut pas se présenter comme prêteur ni en exercer l’activité sans agrément ou enregistrement FSMA (art. VII.159). Les annonces de « prêteurs particuliers sérieux » qui circulent en ligne correspondent très souvent au schéma des frais payés d’avance décrit ci-dessus. Un refus d’un prêteur agréé est en revanche une information utile : en cas de refus, le prêteur doit vous communiquer sans délai et sans frais le résultat de la consultation des fichiers qu’il a interrogés, comme la Centrale (art. VII.79). Mieux vaut comprendre la raison du refus que chercher un circuit parallèle.
Vous avez déjà payé ou transmis vos données : que faire ?
- N’envoyez plus d’argent, même si on vous réclame un « dernier » versement, une taxe ou des frais de déblocage. La FSMA souligne que ces exigences supplémentaires sont souvent le signe d’une fraude.
- Contactez immédiatement votre banque pour signaler le virement frauduleux et demander si un rappel des fonds est possible. Rien ne garantit la récupération, mais plus la démarche est rapide, meilleures sont les chances.
- Portez plainte à la police, au commissariat ou en ligne via Police-on-web, comme le recommande la FSMA. Gardez les messages, l’adresse du site, les références de paiement et les documents reçus.
- Signalez les faits à la FSMA via son formulaire de contact : cela l’aide à publier des mises en garde. Une infraction au droit des consommateurs peut aussi être signalée à l’Inspection économique du SPF Économie via ConsumerConnect.
- Méfiez-vous des « sauveurs » : selon la FSMA, les victimes sont souvent recontactées par des escrocs qui prétendent pouvoir récupérer l’argent perdu contre paiement (« recovery rooms »).
Si vous avez transmis une copie de votre carte d’identité ou vos codes bancaires, signalez-le aussi à votre banque et dans votre plainte : ces données peuvent servir à d’autres fraudes.
Et si le prêteur est réel mais que vous regrettez ?
Avec un prêteur autorisé, un contrat de crédit à la consommation peut être annulé sans motif pendant 14 jours (art. VII.83). La démarche est détaillée dans notre guide comment annuler un prêt à la consommation.
Faire une demande auprès d’un intermédiaire identifié
Si vous cherchez un prêt personnel, vous pouvez passer par Express Finance, marque commerciale de HVM sprl (numéro d’entreprise 0870.707.434, Bruxelles), qui se présente comme courtier et intermédiaire en crédit. Il s’agit d’un lien commercial. Appliquez-lui la même check-list qu’à tout autre intermédiaire : inscription FSMA, coordonnées, documents précontractuels. La demande est soumise à l’analyse de votre dossier et n’engage à rien tant que vous n’avez pas signé de contrat.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Sources
Consultées le 26 septembre 2026.
- Code de droit économique, livre VII (art. VII.70, VII.77, VII.79, VII.83, VII.90, VII.112, VII.114, VII.159, VII.184, VII.185) et livre XII (art. XII.6), texte coordonné : Justel, SPF Justice ; présentation du livre VII : SPF Économie.
- FSMA, listes des prêteurs agréés ou enregistrés et comment vérifier un prêteur.
- FSMA, Vérifiez votre fournisseur et mises en garde.
- FSMA, Faux crédits et Cloned firms.
- FSMA, Que faire si vous êtes victime de fraude ?
- SPF Économie, Banque-Carrefour des Entreprises (recherche publique) et ConsumerConnect (signaler une infraction).
- BNB, Centrale des crédits aux particuliers.
