Taux de rachat de crédit : comment il est fixé et comment le comparer

Il n’existe pas de « taux de rachat de crédit » unique. Quand vous faites racheter ou regrouper vos crédits, vous signez un nouveau contrat, et son taux dépend de sa forme (crédit à la consommation ou crédit hypothécaire), du montant, de la durée et de votre dossier. La vraie question est donc : ce nouveau taux, appliqué sur la durée choisie, vous fait-il payer moins que vos crédits actuels ? Cette page montre comment le vérifier en trois calculs simples.

L’essentiel

  • Sans hypothèque, le rachat prend la forme d’un crédit à la consommation (souvent un prêt à tempérament) : son TAEG ne peut pas dépasser le plafond légal fixé pour sa tranche de montant.
  • Avec une hypothèque, c’est un crédit hypothécaire : taux fixe ou variable, plus des frais d’acte.
  • Comparez le TAEG proposé au taux moyen pondéré de vos crédits en cours, pas au taux du crédit le plus cher.
  • Un taux plus bas ne suffit pas : si la durée s’allonge ou si des indemnités s’ajoutent, le total payé peut augmenter.
  • Le prêteur vérifie votre solvabilité et consulte la Centrale des crédits : un rachat n’est jamais acquis.

Quel taux s’applique à un rachat de crédit ?

Le taux dépend d’abord de la forme juridique du nouveau crédit :

  • Rachat sans garantie hypothécaire : le nouveau contrat est un crédit à la consommation, régi par le Livre VII du Code de droit économique. Le taux débiteur d’un prêt à tempérament est en principe fixe pendant toute la durée. Son TAEG est soumis à un maximum légal, fixé par arrêté royal par type de crédit et par tranche de montant, et publié par le SPF Économie. Ces plafonds ont baissé d’un point de pourcentage le 1er décembre 2025 pour les prêts à tempérament de plus de 5 000 euros (communiqué du SPF Économie du 27 novembre 2025).
  • Rachat avec garantie hypothécaire : le nouveau contrat est un crédit hypothécaire, même s’il sert à rembourser des prêts à la consommation. Le taux peut être fixe ou variable (révisable selon les règles du contrat). Il s’y ajoute les frais de l’acte notarié et de l’inscription hypothécaire, ainsi que les frais d’expertise éventuels.

Le plafond légal est une limite, pas un tarif : chaque prêteur fixe son propre taux en dessous de ce maximum, selon son offre et votre profil.

Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.

Taux débiteur, TAEG, « à partir de » : ce qu’il faut lire

  • Taux débiteur : il sert à calculer les intérêts. Seul, il ne dit pas tout.
  • TAEG : il exprime le coût total du crédit en pourcentage annuel, intérêts et frais compris (frais de dossier notamment). Selon Wikifin, le prêteur ne peut pas facturer de frais qui ne figurent pas dans le TAEG. En revanche, les indemnités de remboursement anticipé de vos anciens crédits n’y sont pas : elles augmentent le montant à emprunter.
  • Taux « à partir de » : c’est le taux réservé aux meilleurs profils ou à certaines tranches de montant et de durée. Il ne dit rien du taux qui vous sera proposé.
  • Exemple représentatif : toute publicité pour un crédit à la consommation qui cite un taux doit donner un exemple chiffré (montant, durée, TAEG, montant total dû). C’est lui qu’il faut comparer, pas le slogan.

Pour une comparaison fiable, demandez à chaque prêteur une offre écrite pour le même montant et la même durée, puis comparez le TAEG et le montant total à rembourser.

Calcul 1 : le taux moyen de vos crédits actuels

Comparer le nouveau taux à celui de votre crédit le plus cher donne une image trompeuse. Le bon repère est le taux moyen pondéré par le capital restant dû : chaque taux compte en proportion du montant qu’il reste à rembourser.

Exemple (hypothèses choisies pour illustrer le calcul, pas des offres réelles) :

Crédit Reste dû Taux
Voiture, 36 mois 9 000 € 5,5 %
Personnel, 30 mois 6 000 € 8,5 %
Ouverture, 24 mois 2 000 € 11,5 %
Total 17 000 € 7,26 %

Durées : mois restant à courir ; pour l’ouverture de crédit, remboursement supposé en 24 mois. Calcul : (9 000 × 5,5 + 6 000 × 8,5 + 2 000 × 11,5) ÷ 17 000 = 123 500 ÷ 17 000 ≈ 7,26 %.

Une offre à 7 % paraît donc à peine plus avantageuse que vos crédits actuels, alors qu’elle semble bien meilleure que les 11,5 % de l’ouverture de crédit.

Calcul 2 : ce que coûtent les indemnités de sortie

Racheter vos crédits, c’est les rembourser par anticipation. Le Code de droit économique encadre les indemnités que l’ancien prêteur peut réclamer :

  • Prêt ou vente à tempérament : au maximum 1 % du capital remboursé si plus d’un an reste à courir, 0,5 % si moins d’un an reste à courir (art. VII.97).
  • Aucune indemnité pour une ouverture de crédit, ni pour un remboursement pendant une période où le taux débiteur n’est pas fixe (art. VII.97, § 2).
  • Crédit hypothécaire : indemnité de remploi de trois mois d’intérêts au maximum sur le capital remboursé (art. VII.147/12).

Dans l’exemple, les indemnités maximales représentent 90 € (1 % de 9 000 €) + 60 € (1 % de 6 000 €) + 0 € = 150 €. Le nouveau crédit doit donc couvrir 17 150 €, sans compter d’éventuels frais de dossier.

Calcul 3 : le taux à partir duquel le rachat devient intéressant

Avec les hypothèses ci-dessus, les mensualités actuelles s’élèvent à 586,22 € au total, et il reste 18 654,96 € à payer d’ici la fin des trois crédits. Voici ce que coûterait un nouveau crédit de 17 150 € :

Nouveau crédit Mensualité Écart total
7 % sur 36 mois 527,86 € +348 €
7 % sur 60 mois 337,85 € +1 616 €
7 % sur 84 mois 257,04 € +2 936 €
6 % sur 36 mois 520,50 € +83 €

Même à 7 %, sous le taux moyen de 7,26 %, le rachat coûte plus cher. Deux raisons : les indemnités s’ajoutent au capital, et le nouveau crédit court sur 36 mois alors que deux des anciens se terminaient plus tôt.

Le calcul inverse est le plus parlant. Pour ne pas payer plus que les 18 654,96 € restants, le nouveau crédit de 17 150 € devrait avoir un taux d’environ 5,69 % au maximum sur 36 mois, 4,27 % sur 48 mois et 3,41 % sur 60 mois. C’est ce « taux d’équilibre » qu’il faut comparer à l’offre reçue.

Méthode : taux annuels convertis en taux mensuels équivalents, mensualités constantes arrondies au centime, sans frais de dossier ni assurance. Pour refaire le calcul avec vos chiffres, établissez le tableau de chaque crédit (voir notre guide du plan d’amortissement d’un emprunt).

Ce qui fait varier le taux proposé

  • Le montant et la durée : les prêteurs appliquent souvent des grilles par tranche de montant et de durée ; la loi fixe aussi une durée maximale selon le montant emprunté.
  • La garantie : une hypothèque permet en général un taux plus bas, mais ajoute des frais d’acte qui pèsent lourd sur un petit montant.
  • Votre dossier : revenus, charges, stabilité professionnelle, crédits enregistrés à la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale, éventuels retards de paiement.
  • Les produits liés : une assurance ou un compte exigés pour obtenir le taux doivent être pris en compte dans le coût.

Erreurs fréquentes

  • Juger une offre sur la baisse de mensualité : elle vient le plus souvent de l’allongement de la durée, pas du taux.
  • Comparer le taux débiteur d’une offre au TAEG d’une autre.
  • Oublier les indemnités de sortie et, pour un rachat hypothécaire, les frais de notaire.
  • Inclure dans le rachat une ouverture de crédit, puis continuer à l’utiliser : la dette se reconstitue.
  • Se fier à un taux « à partir de » ou à une simulation sans offre écrite.

Et si vous avez déjà du mal à rembourser ?

Un nouveau crédit ne règle pas un problème de budget. Si vos mensualités actuelles ne passent plus, contactez d’abord vos prêteurs pour demander un plan de remboursement, puis un service de médiation de dettes agréé, gratuit (liste sur le site du SPF Économie). Pour comprendre les autres effets d’un regroupement, voir notre guide regroupement de crédits : calculer le coût réel. Pour un seul crédit logement à refinancer, voir le rachat de crédit hypothécaire par une autre banque.

Sources

  • Code de droit économique, Livre VII (art. VII.65, VII.97, VII.147/12), texte consolidé Justel : ejustice.just.fgov.be (consulté le 25/09/2026).
  • SPF Économie, « Nouvelle baisse des tarifs maximaux des crédits à la consommation », 27/11/2025 : news.economie.fgov.be (consulté le 25/09/2026) ; tableau des tarifs maximaux : economie.fgov.be.
  • Wikifin (FSMA), « Combien coûte un crédit ? Le TAEG », mis à jour le 12/02/2026 : wikifin.be (consulté le 25/09/2026).
  • Wikifin (FSMA), « Le prêt à tempérament », mis à jour le 12/02/2026 : wikifin.be (consulté le 25/09/2026).
  • SPF Économie, médiation de dettes : economie.fgov.be.
Crédit sur gage